« La nuit artificielle »

Tag: Howard Hawks

LAUREN BACALL

Lauren Bacall
16 septembre 1924 (New York) ­– 12 août 2014 (New York

Filmographie (cinéma uniquement)

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Black Coal, de Diao Yi’nan

vlcsnap-2014-07-13-14h45m42s159RÉCOMPENSER LE SPECTATEURvlcsnap-2014-07-13-15h16m45s101

Je dirai assez peu de choses de Black Coal sinon que le film rappelle à quel point le genre « film noir » tire d’abord sa singularité d’un rythme particulier qu’il instaure. Le film noir, en fait, se définirait moins par un certain nombre de figures et motifs typiques (au nombre desquels : le héros, souvent détective, aux motivations troubles; la femme fatale; le psychopathe; la ville tentaculaire; le faux coupable; la fausse victime; le monde bloqué dans la nuit; …) que par la cadence qui découle de leur rencontre. Les intrigues, faites essentiellement de renversements perpétuels (autant dans les rapports de force entre personnages que dans les visages adoptés successivement par ces personnages) rendent caduc tout élément stable. Les films prennent dès lors des formes labyrinthiques, le détective devant se frayer un chemin dans le brouillard des motivations troubles des autres personnages. Et taiseux, la plupart du temps, il contraint le spectateur à chercher lui aussi un chemin au milieu de cette seconde strate opaque qu’est le film dans sa totalité. Lire la suite »

La ville dans le film noir américain

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VALEUR DE LA VILLE DANS LE FILM NOIR AMERICAIN
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Lorsqu’Ernest Lehman écrit le scénario de North by Northwest pour Alfred Hitchcock, il sait que le cinéaste aime subvertir les codes tacites du cinéma américain, et particulièrement la construction des passages stratégiques (ouverture, climax, clôture). L’ouverture de Dial M for Murder utilise le montage rapide non pas pour accélérer le rythme auquel sont délivrées les informations mais pour brouiller le portrait de Margot Wendice (Grace Kelly), celle de Rear Window présente la même actrice en total décalage avec l’appartement de Jefferies (James Stewart) comme pour dénoncer les procédés habituels pour l’entrée des stars à l’écran. Dans North by Northwest, c’est le climax qui est transfiguré. La poursuite du héros (Cary Grant) par ceux qui veulent l’abattre se déroulera donc dans un espace à l’exact opposé de ceux habituellement montrés : un paysage de champs de blé à perte de vue, en plein jour et par beau temps. Lehman prend alors le contrepied des attentes d’une génération de spectateurs formés dans les années 1940 et 1950 par les films à intrigues policières : le film de gangster, le film policier et avant tout le film noir. Lire la suite »

Le Loup de Wall Street, de Martin Scorsese

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LE PÉDAGOGUE
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Plus que jamais il faut redire que Thelma Schoonmaker est une déesse. Car c’est avec elle que Martin Scorsese monte tous ses derniers films et sans montage ces films ne seraient rien. Dans Le Loup de Wall Street c’est bien en effet par la structure globale – le mouvement du film – et l’organisation du détail – où faire débuter et s’arrêter une séquence, quelle image choisir – que le film brille.

De quoi parle en effet Martin Scorsese en faisant le portrait de Jordan Belfort si ce n’est d’images ? Il faut même dire d’emblée que le film évoque un personnage qui discourt sur des images. Lire la suite »

Inside Llewyn Davis, de Joel et Ethan Coen

LES MÉTAMORPHOSES DU CHAT

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La deuxième séquence de « Inside Llewyn Davis » montre le réveil d’un homme. C’est Llewyn Davis (joué par Oscar Isaac), le chanteur qu’on vient de voir se produire dans un bar avant d’être passé à tabac par un homme à l’arrière du bar. C’est un chat, le chat vivant dans l’appartement où il a réussi à se faire héberger, qui le réveille.

La première séquence se présente comme une introduction du personnage assez classique : d’abord le visage en gros plan (le chanteur au café), puis le corps en plan de demi-ensemble (dans la rue). Cette introduction, la deuxième séquence la rejoue : d’abord le visage endormi, en gros plan, puis le corps qui se réveille et passe la tête dans le couloir pour savoir si ses hôtes sont encore là (demi-ensemble). La seule différence tient dans l’introduction d’un chat qui a droit, lui aussi, à une présentation en gros plan (la face du chat sur tout l’écran) et en demi-ensemble (le chat dans le couloir). Le film s’ouvre donc en posant les bases d’une potentielle future métaphore : Llewyn – le chat. Très intelligemment pourtant, les frères Coen n’offriront jamais au spectateur l’actualisation de cette métaphore. Le chat disparaît rapidement et ne reste plus alors sur l’écran que Llewyn Davis. Le personnage, traînant son échec, décide de quitter New York pour gagner Chicago où l’attend une nouvelle fois l’insuccès. Le gérant d’une salle de spectacle, après l’avoir écouté chanter, cache sa joie (« On ne va pas faire beaucoup d’argent avec ça »). Et Llewyn Davis, à peine arrivé, repart pour New York. Lire la suite »