« La nuit artificielle »

Tag: Denis Villeneuve

Deux mauvais films américains (Premier contact de Denis Villeneuve et Alliés de Robert Zemeckis)

vlcsnap-2016-12-10-00h46m52s948L’ARBITRAIRE DU SIGNE
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Premier contact de Denis Villeneuve

Si Zemeckis est un mauvais faiseur (voir plus bas, Alliés), Villeneuve est un mystificateur — pour ne pas dire un charlatan. Quelques années après Prisoners, déjà largement sur-estimé, Premier contact est un film de science fiction qui s’installe entre Rencontres du troisième type et Interstellar, mais cherche tellement peu à creuser un sillon qui lui soit propre qu’il se révèle finalement stérile. Au bout d’une heure trente de diversion, dans l’une des plus mauvaises fin qu’on ait vues récemment, le film avoue que ce qu’il raconte est incohérent, ce qui veut dire ici purement gratuit puisque l’incohérence n’est compensée par aucune proposition visuelle à la hauteur.  Lire la suite »

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Blue Ruin, de Jeremy Saulnier

Sans titre

L’ouverture du film est construite sur un faux tempo : on croit d’abord que l’annonce de laquelle tout part (la libération de l’assassin des parents du personnage principal) et les changements qui s’ensuivent (il interrompt son errance en marge de la société pour venger directement ses parents) seront interrompus une fois qu’il sera face à la réalité de son projet fou. Tout tend à étayer l’idée de son instabilité et de sa fragilité, à commencer par la scène où il voit sa proie sortir de prison. Ses yeux s’emplissent alors de larmes et on s’attend à ce qu’il ne puisse pas redémarrer et reste là, sidéré. Il prend pourtant la voiture de l’ex-prisonnier en chasse jusqu’au restaurant en bord de route où ils s’arrêtent. Dwight, le vengeur, confirme alors son amateurisme lorsque, caché dans les toilettes, prêt à prendre sa proie par surprise, ce qui est sans doute de l’indécision lui fait perdre l’avantage et le pousse à tuer presque contre sa volonté. Faux tempo donc, car au regard des premières minutes et du portrait esquissé du personnage, il n’eût pas été illogique que le film tergiverse davantage autour du meurtre. Au lieu de ça, donc, la mécanique autour de laquelle tout s’articulera se lance rapidement : la vengeance appelant une contre-vengeance, Dwight est en danger et doit se défendre contre toute la famille de sa première victime.

Que propose le film une fois lancé sur cette voie ? Lire la suite »

Dix films de 2013

1. LA VIE D’ADELE,
d’Abdellatif Kechiche (France)adele

2. L’INCONNU DU LAC,
d’Alain Guiraudie (France)inconnu3

3. A TOUCH OF SIN,
de Jia Zhang-ke (Chine)

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4. Mud : Sur les rives du Mississippi, de Jeff Nichols (États-Unis)

5.Django unchained, de Quentin Tarantino (États-Unis)

6.Snowpiercer, le Transperceneige, de Bong Joon-ho (Corée du Sud, États-Unis)
Michael Kohlhaas, d’Arnaud des Pallières (France)

8.The Immigrant, de James Gray (États-Unis)
Inside Llewyn Davis, de Joel et Ethan Coen (États-Unis)

10. Grand Central, de Rebecca Zlotowski (France)
Le Temps de l’aventure, de Jérôme Bonnell (France) *

LE VISAGE DE 2013

Tirer la synthèse d’une année de cinéma est impossible, et d’autant plus pour 2013. Cette année encore le nombre de films a augmenté (plus d’une quarantaine de films par mois) et il est donc quasiment impossible de tout voir. Surtout, et c’est plus intéressant, beaucoup de films cette année ont cherché à tracer un sillon qui leur soit propre, rendant difficile toute tentative de regroupement en catégories distinctes. Lire la suite »

Prisoners, de Denis Villeneuve & Le Passé, d’Asghar Farhadi

L’ART DE LA MYSTIFICATION

Le nouveau film de Denis Villeneuve pose le même problème que Le Passé d’Asghar Farhadi. Les deux films semblent construits autour d’un questionnement moral qui serait leur cœur voilé à découvrir progressivement. Pendant deux heures, ici, Keller Dover (Hugh Jackman), père d’une fillette disparue, concentre toute l’attention et éclipse l’inspecteur de policier chargé de l’enquête (Jake Gyllenhaal). Ce père retient en effet prisonnier celui qu’il croit être le ravisseur de sa fille (Paul Dano). Ce second niveau de captivité est le plus intéressant car bientôt il devient évident que les deux fillettes sont mortes et le point aveugle vers lequel le film se dirige lentement est celui d’une remise en cause de nos certitudes morales. Le spectateur attend qu’on découvre enfin que le criminel n’est pas celui que le père détient, que l’innocent meure éventuellement, pour qu’enfin ce père de famille soit mis face au mal qui plane autant autour de lui qu’en lui. Le terrain est d’ailleurs tout à fait préparé : de longues séquences nous montrent en effet les allées et venues d’Hugh Jackman, seul ou avec le père de l’autre fillette (Terrence Howard), bientôt rejoint par sa femme (Viola Davis) dans la seconde moitié du film. De sorte que progressivement, cette sous-intrigue (le châtiment du faux coupable) dans l’intrigue (la disparition des fillettes) prend toute la place : le nombre de personnages impliqués augmente, la maltraitance infligée au suspect s’accentue, la possibilité de la culpabilité de celui-ci s’estompe de plus en plus.
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