« La nuit artificielle »

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Asako I & II, de Ryūsuke Hamaguchi

Asako I&II -15h29m52s369ASAKO FEMME VIBRANTE,
Traité de réincarnation.
Asako I&II -15h29m18s752

Etrange qualité pour un film que celle d’exceller dans le registre de la désincarnation. C’est pourtant celle qu’il faut reconnaître, d’abord, à Asako 1 & 2 du japonais Ryūsuke Hamaguchi. Car dans une très longue première partie, tout ce qui nous est présenté l’est sous le signe de l’esquisse, de la touche discrète. Les dialogues sont minimalistes, les cadres sobres, fixes, ne s’approchant que peu des sujets filmés. Et c’est pourtant la passion et ses effets que Ryūsuke Hamaguchi figure.

Aussitôt Asako et Baku se rencontrent-ils qu’un feu d’artifice se produit en eux. En elle, en tout cas. Mais cette femme, Asako (superbement interprétée par Erika Karata) s’est déjà arrêtée devant une photo, et c’est comme si son sort en était provisoirement scellé. Sur cette photographie en noir et blanc, accrochée dans un musée d’Osaka, deux jumelles côte à côte. Et, si la rencontre entre Asako et l’image est fortuite (elle tombe dessus en se promenant au hasard d’une exposition), elle n’en éclaire pas moins les tréfonds de l’âme de cette femme divisée. Mais ce qui se trouve coupé en deux, comme aurait dit Chabrol, ce sont moins deux régions du cœur d’Asako, qui battraient chacune pour un homme différent, que deux strates d’elle-même. C’est que, d’abord et avant tout, Asako est une femme gelée. Et cette glaciation, gouffre entre son corps et son esprit est le lieu souterrain d’où part vraiment le film, et vers où il conviendra de se retourner au bout du chemin, 2h plus tard. Lire la suite »

Dix films de 2014

1. SILS MARIA,

d’Olivier Assayas (France)

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2. BOYHOOD,

de Richard Linklater (États-Unis)

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3. LÉVIATHAN,

d’Andreï Zviaguintsev (Russie)

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4. Bird People, de Pascale Ferran (France)

5. Only lovers left alive, de Jim Jarmusch (Allemagne, Angleterre)

6. Trois cœurs, de Benoît Jacquot (États-Unis)

7. Timbuktu, d’Abderrahmane Sissako (Mauritanie, France)

8. Interstellar, de Christopher Nolan (États-Unis)

9. A most violent year, de J.C. Chandor (États-Unis)

10. Le Vent se lève, de Hayao Miyazaki (Japon)

et aussi : Black Coal, de Diao Yi’nan (Chine) — Deux jours, une nuit, de Jean-Pierre et Luc Dardenne (Belgique) — Under the skin, de Jonathan Glazer (Royaume-Uni)

et : P’tit Quinquin, de Bruno Dumont

et après coup : Eastern Boys, de Robin Campillo

J’ai vu cette année une cinquantaine de films en salles, en comptant ceux vus à Cannes, soit moins du dixième de ce qui est sorti. L’année dernière, 654 films ont été distribués et il est probable qu’il y en a eu au moins autant en 2014. À défaut d’un bilan exhaustif impossible à dresser, il faut plutôt chercher à décrire les impressions qui resteront de cette année. En vrac donc : Lire la suite »