« La nuit artificielle »

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Les Éternels, de Jia Zhang-ke

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Ce qui impressionne le plus dans le dernier film de Jia Zhang-ke est l’amplitude de son regard. De la Chine, on ressent le battement du cœur, quelque chose d’aussi puissant que ce que fait Andreï Zviaguintsev en Russie (voir Léviathan) et dont on est forcé de constater qu’il n’y a pas d’équivalent en France. Ce qui fascine dans Les Éternels n’est pas la puissance du discours qu’on trouverait en filigrane — de discours, on ne trouve pas trace — mais l’ambition qu’on sent dans le geste du cinéaste, de donner à voir et sentir quelque chose de l’époque. Le sujet du film, s’il fallait en identifier un, serait quelque chose comme « une histoire d’amour en Chine au début du XXe siècle ». En suivant sur 20 ans la trajectoire de Qiao (ZHAO Tao), son héroïne amoureuse de Bin (LIAO Fan) petit caïd au début du film, Jia Zhang-ke dessine un paysage en mouvement de cet État-continent. Libre à nous d’en saisir ce qu’on peut et de discourir à partir de ça car le film, lui, travaille davantage l’absence de sens que la révélation ou transmission d’une vérité qu’il aurait mise au jour. Lire la suite »

Dix films de 2014

1. SILS MARIA,

d’Olivier Assayas (France)

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2. BOYHOOD,

de Richard Linklater (États-Unis)

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3. LÉVIATHAN,

d’Andreï Zviaguintsev (Russie)

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4. Bird People, de Pascale Ferran (France)

5. Only lovers left alive, de Jim Jarmusch (Allemagne, Angleterre)

6. Trois cœurs, de Benoît Jacquot (États-Unis)

7. Timbuktu, d’Abderrahmane Sissako (Mauritanie, France)

8. Interstellar, de Christopher Nolan (États-Unis)

9. A most violent year, de J.C. Chandor (États-Unis)

10. Le Vent se lève, de Hayao Miyazaki (Japon)

et aussi : Black Coal, de Diao Yi’nan (Chine) — Deux jours, une nuit, de Jean-Pierre et Luc Dardenne (Belgique) — Under the skin, de Jonathan Glazer (Royaume-Uni)

et : P’tit Quinquin, de Bruno Dumont

et après coup : Eastern Boys, de Robin Campillo

J’ai vu cette année une cinquantaine de films en salles, en comptant ceux vus à Cannes, soit moins du dixième de ce qui est sorti. L’année dernière, 654 films ont été distribués et il est probable qu’il y en a eu au moins autant en 2014. À défaut d’un bilan exhaustif impossible à dresser, il faut plutôt chercher à décrire les impressions qui resteront de cette année. En vrac donc : Lire la suite »

Dix films de 2013

1. LA VIE D’ADELE,
d’Abdellatif Kechiche (France)adele

2. L’INCONNU DU LAC,
d’Alain Guiraudie (France)inconnu3

3. A TOUCH OF SIN,
de Jia Zhang-ke (Chine)

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4. Mud : Sur les rives du Mississippi, de Jeff Nichols (États-Unis)

5.Django unchained, de Quentin Tarantino (États-Unis)

6.Snowpiercer, le Transperceneige, de Bong Joon-ho (Corée du Sud, États-Unis)
Michael Kohlhaas, d’Arnaud des Pallières (France)

8.The Immigrant, de James Gray (États-Unis)
Inside Llewyn Davis, de Joel et Ethan Coen (États-Unis)

10. Grand Central, de Rebecca Zlotowski (France)
Le Temps de l’aventure, de Jérôme Bonnell (France) *

LE VISAGE DE 2013

Tirer la synthèse d’une année de cinéma est impossible, et d’autant plus pour 2013. Cette année encore le nombre de films a augmenté (plus d’une quarantaine de films par mois) et il est donc quasiment impossible de tout voir. Surtout, et c’est plus intéressant, beaucoup de films cette année ont cherché à tracer un sillon qui leur soit propre, rendant difficile toute tentative de regroupement en catégories distinctes. Lire la suite »

A touch of sin, de Jia Zhang-ke

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LA PULSION BESTIALE DE LA CHINE
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Ce n’est qu’en apparence qu’A touch of sin est un film répétitif. Sa structure est en fait assez simple : il suit successivement quatre personnages sur quelques heures ou quelques jours de leur vie, dans différentes provinces de la Chine contemporaine. On retrouve chez chacun, à un moment ou un autre et pour des raisons différentes, un même basculement dans la violence ; un peu comme ce que montrait David Cronenberg dans A history of violence (2005), en se concentrant, lui, sur un seul personnage. Lire la suite »