« La nuit artificielle »

Catégorie: Notes…

2019 – L’Amour existe

« La main de gloire, qui ordonne et dirige, elle aussi peut implorer.
Un simple changement d’angle y suffit. »
 (citation et images :  L’Amour existe, Maurice Pialat, 1960 :
https://www.dailymotion.com/video/x3bmbyz)

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Érotique du trajet

décembre 2017 : L’homme d’à côté

30 décembre 2017. Hiver amoureux.

La scène se passe assez tôt dans le film. Antoine a débarqué à Tanger pour superviser un chantier dans la zone franche de la ville. Il y croise, apparemment par hasard, Cécile. Il l’a aimée trente ans plus tôt, ils se rencontrent et il tente de la séduire à nouveau. Elle le rejette évidemment, car elle est mariée et a construit une vie sans lui. Les voici en promenade en voiture. Cécile tient le volant. Antoine est sur le siège passager quand la voiture cale… Antoine, c’est Gérard Depardieu et Cécile, c’est Catherine Deneuve. Le film, toujours le même, s’appelle Les Temps qui changent et il est réalisé par André Téchiné.

Si Antoine avait été une femme, ç’aurait été une héroïne truffaldienne. Car l’idéalisme du personnage et la puissance de sa croyance rappellent l’intensité des idées-sentiments des films de Truffaut. Nulle part ailleurs on ne trouve de passion d’une telle clarté et d’une telle intensité. En amour, la demi-mesure ne semble jamais possible chez Truffaut. En amour, ou plutôt en passion. Fanny Ardant dans La Femme d’à côté, Catherine Deneuve dans La Sirène du Mississippi, Jeanne Moreau dans Jules et Jim, Isabelle Adjani dans L’Histoire d’Adèle H. sont malades d’une passion qui les dévore et emporte tout. A côté des leurs, les affects masculins paraissent moins radicaux (L’Homme qui aimait les femmes, La Peau douce). Et quand ils pourraient égaler ceux des femmes (pourquoi pas L’Homme d’à côté ?), ce sont toujours leurs sentiments à elles qui battent le tempo tragique. Attention : la passion n’est pas pour autant un apanage féminin. Elle est partagée, mais sa violence et ses excès, c’est un fait, montent toujours un curseur plus haut chez les femmes. Les idées fixes occupent aussi l’esprit des hommes, mais ces idées sont moins connectées au cœur, plus cérébrales (L’Enfant sauvageLa Nuit américaine, La Chambre verte) et lorsqu’elles sont de même nature, le résultat est moins flamboyant. Si ce n’était pas un oxymore, j’écrirais que les idées des hommes sont des idées cérébrales alors que les idées des femmes sont des idées sentimentales. Et d’ailleurs, quand un homme aime passionnément, ce n’est pas une femme ou la femme mais les femmes (L’Homme qui aimait les femmes). Lire la suite »

Fin août, début septembre

25 août 2015 — « Quand on sort du cinéma, rien ne vous étonne. N’importe quoi peu se produire, ça ne vous surprend pas. Tout peut arriver avec le plus grand naturel. »

Les Herbes folles (Resnais – 2008)

fin août — quelques visites d’appartement dans Paris, sans agents immobiliers, mais bien accompagné par André Dussollier (On connaît la chansonCœurs) et Sabine Azéma (Cœurs).

19 et 20 septembre Resnais, encore, mais je n’en fais pas une obsession. Week-end au bord du lac.

Nicolas – Et euh… une thèse… sur quoi ?
Camille – Sur… sur rien.
Nicolas – Ah ben c’est bien, ça prend pas beaucoup de temps, ça.
Odile – Mais non, c’est les chevaliers de l’an mil du lac des paysans.
Camille – Oh dis, c’est pas du tout ça.
Odile – C’est pas du tout ça ?
Camille – Non.
Odile – Bon, alors vas-y, c’est quoi :
Camille – Les chevaliers-paysans de l’an mil du lac de Paladru.
Odile – Qu’est-ce que j’ai, j’ai pas dit ça ?
Camille – Non.
Nicolas – Au lac de … ?
Camille – Paladru !
Nicolas – Mais… excuse-moi, mais il y a des gens que ça intéresse, ce… ?
Camille – Non, personne.
Nicolas – Mais pourquoi tu as choisi ce sujet alors ?
Camille – Pour faire parler les cons.
Odile – Oh, Camille !
Nicolas – Tu sais, moi, je te demandais ça, c’est plus une formalité qu’autre chose, hein.
Camille – C’est bien ce que j’avais compris.
Nicolas – Et puis à part ça, il faut être un peu indulgent avec les cons.
Camille – Je fais ce que je peux.