« La nuit artificielle »

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Quand on a 17 ans, d’André Téchiné

vlcsnap-2016-04-03-03h07m01s164ÉLOGE DU MOUVEMENT ET DE LA CONFIANCE vlcsnap-2016-04-03-03h07m02s430

Avec Quand on a 17 ans, le cinéma d’André Téchiné retrouve l’extraordinaire vitalité qu’il avait perdue depuis Les Témoins (2007). A l’image des deux personnages centraux qui ne cessent de se jeter l’un contre l’autre pour se battre, le film étonne d’abord par l’énergie sauvage de sa mise en scène. Fidèle à lui-même, Téchiné déploie par la suite son goût du romanesque qui sert ici à contourner les pièges du naturalisme et du cinéma psychologique pour rendre disponible au cœur de son cinéma : une sagesse de l’apaisement, résolument optimiste.   Lire la suite »

Dix films de 2013

1. LA VIE D’ADELE,
d’Abdellatif Kechiche (France)adele

2. L’INCONNU DU LAC,
d’Alain Guiraudie (France)inconnu3

3. A TOUCH OF SIN,
de Jia Zhang-ke (Chine)

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4. Mud : Sur les rives du Mississippi, de Jeff Nichols (États-Unis)

5.Django unchained, de Quentin Tarantino (États-Unis)

6.Snowpiercer, le Transperceneige, de Bong Joon-ho (Corée du Sud, États-Unis)
Michael Kohlhaas, d’Arnaud des Pallières (France)

8.The Immigrant, de James Gray (États-Unis)
Inside Llewyn Davis, de Joel et Ethan Coen (États-Unis)

10. Grand Central, de Rebecca Zlotowski (France)
Le Temps de l’aventure, de Jérôme Bonnell (France) *

LE VISAGE DE 2013

Tirer la synthèse d’une année de cinéma est impossible, et d’autant plus pour 2013. Cette année encore le nombre de films a augmenté (plus d’une quarantaine de films par mois) et il est donc quasiment impossible de tout voir. Surtout, et c’est plus intéressant, beaucoup de films cette année ont cherché à tracer un sillon qui leur soit propre, rendant difficile toute tentative de regroupement en catégories distinctes. Lire la suite »

La Vie d’Adèle, chapitres 1 & 2 d’Abdellatif Kechiche

La Vie d'Adèle (A.Kechiche, 2013)

L’ART DE L’ESQUISSE

Une des premières séquences isolant Emma (Léa Seydoux) et Adèle (Adèle Exarchopoulos) a lieu dans un parc, sur un banc, peut-être en automne. Les deux jeunes filles viennent de se rencontrer. Adèle avait auparavant « fantasmé » Emma après l’avoir croisée dans la rue ; elles se sont retrouvées et pour la première fois passent du temps dans un endroit isolé des différents groupes auxquels elles appartiennent (amis, famille, travail, communauté lesbienne). Emma est en quatrième année aux Beaux Arts de Lille et très instinctivement semble-t-il elle dessine Adèle. Emma : « Tu es gênée ? » / Adèle : « Ouais, un peu ». A la fin de leur rendez-vous, la fille aux cheveux bleus présente à Adèle son travail dont elle précise qu’il n’est pas terminé*. Ce qu’elle aime, dit-elle, c’est regarder une personne et se saisir d’un élément pour en faire le cœur du dessin.

Depuis une vingtaine de minutes déjà, le film suit exactement cette méthode : après un premier plan de demi-ensemble montrant Adèle de dos quittant son domicile puis marchant dans la rue pour rejoindre le lycée, l’image se saisit elle aussi d’un détail. Ou plutôt de quelques détails – une bouche assez épaisse, un menton rebondi – qui sont devenus les seuls événements – et donc les centres d’attention – qui comptent vraiment sur l’écran. Le cadrage en gros plan qui domine largement facilite ce processus qui se met rapidement en place. La bouche d’Adèle fonctionne à l’échelle du film comme le détail qu’évoquait Emma à l’échelle du dessin… ou du tableau, dont Emma dit aussi qu’il n’est pas terminé. Ce n’est encore qu’une ébauche comme la première demi-heure n’est à l’échelle d’un film de trois heures qu’une esquisse.

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