« La nuit artificielle »

Tag: David Cronenberg

Sils Maria, d’Olivier Assayas

vlcsnap-2014-09-28-14h39m07s50 LES ARRIÈRE-MONDES vlcsnap-2014-09-28-14h39m10s74

Dans mes souvenirs, le film commence dans un train, dans une cabine ou dans un couloir. Je crois que la première image montre Valentine (Kristen Stewart), au téléphone, accoudée sur un mur, dans un couloir. Elle organise des rendez-vous, établit précisément le programme de l’actrice qu’elle seconde, Maria Anders (Juliette Binoche). Celle-ci apparaît quand Valentine regagne sa place : approcher l’actrice par les coulisses, donc. Les deux femmes sont en route vers Zurich où l’actrice doit recevoir un prix au nom du cinéaste et dramaturge qui l’a révélée vingt ans plus tôt en lui faisant jouer Ibsen. Un téléphone sonne : l’avocat de Maria l’appelle pour régler son litige autour de l’appartement parisien qu’elle partageait avec son désormais ex-mari : une période de crise, donc. Maria se lève, traverse un couloir et se réfugie sur une plateforme entre wagons pour téléphoner plus tranquillement. La caméra nous ramène à Valentine, dont le téléphone sonne lui aussi. On lui apprend que Wilhelm Melchior, le metteur en scène en question, vient de mourir. L’assistante se lève, traverse à son tour le couloir, cherche Maria, la trouve accroupie dans un coin du train, toujours en ligne. Elle lui fait signe qu’elle doit lui parler. Maria décolle l’oreille une minute. « Wilhelm Melchior vient de mourir ». La caméra cadre le visage interdit de l’actrice quelques secondes. Puis un noir. Lire la suite »

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Maps to the stars, de David Cronenberg

67e Festival de Cannes — mardi 20 mai 2014

Maps to the stars de David Cronenberg. Compétition officielle – La Licorne – 21h30

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Maps to the stars est sans doute la plus grosse déception des films vus à Cannes : d’abord parce qu’il s’agit d’un film de David Cronenberg ensuite parce que son sujet est Hollywood et que le genre du film sur le film (Sunset Blvd.Singin’ in the rain) n’a rien donné de sensationnel depuis 2001 : Mulholland Drive. Les attentes étaient donc grandes. Comme David Lynch, David Cronenberg déconstruit le rêve hollywoodien, mais en s’y attaquant par une autre face : moins par le cauchemar que par la fange.

1. La saleté, au sens littéral, est omniprésente : Lire la suite »

67e Festival de Cannes

IMG-20140515-00438C A N N E S Lire la suite »

A touch of sin, de Jia Zhang-ke

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LA PULSION BESTIALE DE LA CHINE
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Ce n’est qu’en apparece qu’A touch of sin est un film répétitif. Sa structure est en fait assez simple : il suit successivement quatre personnages sur quelques heures ou quelques jours de leur vie, dans différentes provinces de la Chine contemporaine. On retrouve chez chacun, à un moment ou un autre et pour des raisons différentes, un même basculement dans la violence ; un peu comme ce que montrait David Cronenberg dans A history of violence (2005), en se concentrant, lui, sur un seul personnage. Lire la suite »

Prisoners, de Denis Villeneuve & Le Passé, d’Asghar Farhadi

L’ART DE LA MYSTIFICATION

Le nouveau film de Denis Villeneuve pose le même problème que Le Passé d’Asghar Farhadi. Les deux films semblent construits autour d’un questionnement moral qui serait leur cœur voilé à découvrir progressivement. Pendant deux heures, ici, Keller Dover (Hugh Jackman), père d’une fillette disparue, concentre toute l’attention et éclipse l’inspecteur de policier chargé de l’enquête (Jake Gyllenhaal). Ce père retient en effet prisonnier celui qu’il croit être le ravisseur de sa fille (Paul Dano). Ce second niveau de captivité est le plus intéressant car bientôt il devient évident que les deux fillettes sont mortes et le point aveugle vers lequel le film se dirige lentement est celui d’une remise en cause de nos certitudes morales. Le spectateur attend qu’on découvre enfin que le criminel n’est pas celui que le père détient, que l’innocent meure éventuellement, pour qu’enfin ce père de famille soit mis face au mal qui plane autant autour de lui qu’en lui. Le terrain est d’ailleurs tout à fait préparé : de longues séquences nous montrent en effet les allées et venues d’Hugh Jackman, seul ou avec le père de l’autre fillette (Terrence Howard), bientôt rejoint par sa femme (Viola Davis) dans la seconde moitié du film. De sorte que progressivement, cette sous-intrigue (le châtiment du faux coupable) dans l’intrigue (la disparition des fillettes) prend toute la place : le nombre de personnages impliqués augmente, la maltraitance infligée au suspect s’accentue, la possibilité de la culpabilité de celui-ci s’estompe de plus en plus.
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