« La nuit artificielle »

Tag: Israël

Synonymes, de Nadav Lapid

 PARIS, JE T’AIME

Ce qui étonne d’abord dans Synonymes, c’est l’extraordinaire vitalité de la mise en scène de Nadav Lapid. Absolument souveraine, libérée de tous carcans, elle s’aventure où elle veut quand elle veut, au mépris parfois de la lisibilité, au mépris souvent d’un idéal de transparence de la mise en scène dont on pourrait dire qu’il est revenu en grâce, 60 ans après la Nouvelle Vague, dans la majeure partie de la production. Et qu’il soit assumé ou non, cet idéal laisse trop souvent la place, comme seule alternative, à des poses auteuristes dissimulant mal un vide de pensée ne contribuant pas moins à l’édification d’un nouveau mainstream. Lire la suite »

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Self Made, de Shira Geffen

 67e Festival de Cannes – 53e Semaine de la critique – vendredi 16 mai 2014

Self made1Self Made de Shira Geffen. Semaine de la critique – Miramar – 18h30
Self made 2

Self Made est construit sur un principe de montage alterné : une artiste israélienne et une employée de magasin-type IKEA sont filmées chacune dans son quotidien dans des fragments de 5 à 10 minutes à chaque fois. La première est seule chez elle puisque son compagnon est en déplacement, la seconde traverse chaque jour le check-point pour se rendre de l’autre côté de la frontière, dans les territoires israéliens. Leurs chemins finissent par se croiser au bout d’une heure à la faveur d’une bizarrerie narrative : l’artiste se retrouve aux abords du check-point au moment où la jeune femme arabe est retenue provisoirement après qu’une dispute a éclaté. Et par une autre bizarrerie narrative, l’une prend la place de l’autre pour le dernier tiers du film. Lire la suite »

Loin de son absence, de Keren Yedaya

67e Festival de Cannes – Jeudi 15 mai 2014

Loin de son absence de Keren Yedaya. Un Certain regard – Salle Debussy – 22h

Loin de son absence

A la différence de ce qu’ont pu faire récemment Lars Von Trier ou Steve McQueen, on ne peut jamais prendre Keren Yedaya en défaut de « pornographisation » de la violence. Ce qu’elle montre est très brutal (l’inceste institutionnalisé entre un père et sa fille de 22 ans), impensable, et un certain nombre de plans sont insoutenables : des scènes se scarification, d’absorption frénétique de nourriture et de vomissement. Mais l’insoutenable vient de l’objet filmé, rarement de la manière dont il est filmé, souvent pudique. Si l’une des séquences de scarification est filmée en gros plan, la place qu’elle occupe dans l’économie du film n’a rien de complaisant (McQueen : Twelve years a slave), ou de jouissive (Lars Von Trier : Nymphomaniac). Lire la suite »