« La nuit artificielle »

Tag: Alain Resnais

Caché, de Michael Haneke

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Dans les redécouvertes de l’été, Caché (2005), de Michael Haneke pour qui je n’ai jamais eu d’affection particulière mais qui signe là un chef-d’œuvre. Haneke semble souvent franchir la limite où la pensée de la violence se transforme en son exercice. La situation dans laquelle se trouve le spectateur de Funny Games ou d’Amour met à juste titre très mal à l’aise. Quant au Ruban blanc, il reste très théorique, et relève peut-être plus de la démonstration que d’une démarche de questionnement ouverte. Ce film, néanmoins, est peut-être celui qui a le plus à voir avec Caché car la démarche d’Haneke y est comparable parce qu’exactement symétrique. Lire la suite »

« Les photographies, les reconstitutions, faute d’autre chose » (Hiroshima mon amour, d’Alain Resnais)

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 70 ans après les bombardements atomiques, et 56 ans après sa sortie, Hiroshima mon amour, le film de Resnais reste d’une grande actualité pour penser l’effet de la bombe. Sur un scénario de Duras, Resnais filme l’errance japonaise d’une actrice venue tourner un film sur Hiroshima et sa rencontre avec un Japonais. Elle, c’est Emmanuelle Riva qui au contact d’Eiji Okada, l’amant japonais, se perd dans les boucles du temps : en 1957, à Hiroshima, se trouvent mêlés le choc nucléaire et la France de la Libération, traumatismes vécus par les personnages mais qui ne peuvent plus être saisis que de façon fragmentaire, éclatée. La trame du film, à l’image de la mémoire au travail, est donc traversée de ces éclats de temps venus d’ailleurs : c’est donc Nevers en plein Hiroshima, 1945 en 1957. Et néanmoins, le film reste au présent. Les images venues du passé émergent dans le présent mais ne s’en détachent jamais. Le passé ne vaut jamais comme un temps indépendant du présent. Le passé de Nevers est donc indissociable du présent d’Hiroshima, et la première blessure (la mort de l’amant allemand et la tonte de la Libération) comme appelée ou suscitée par la blessure d’Hiroshima. Cette blessure, la Française ne l’a ni vue ni vécue : elle est à Hiroshima pour jouer une infirmière internationale dans un film de reconstitution. Mais le souvenir de la bombe, partout dans Hiroshima, et l’amour avec le Japonais sont comme des toiles tendues qui permettent de projeter Nevers. C’est donc Hiroshima qui, à dix ans d’intervalle, permet de panser la plaie de Nevers en la transformant en un souvenir qui ensuite peut être donné à l’oubli. Et dans ce processus-là, c’est finalement l’oubli d’Hiroshima qui se profile à l’horizon de l’histoire d’amour entre la Française et le Japonais. Lire la suite »

Coeurs, d’Alain Resnais

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«QUAND VOUS SOURIEZ… VOUS DEVRIEZ SOURIRE PLUS SOUVENT »

«  – Je ne suis pas persuadée moi non plus que l’Enfer existe. Pas plus que je ne sais quelle autre damnation. Mais s’il y a un feu de l’Enfer, c’est en nous qu’il brûle. Et c’est nous qui l’attisons avec nos faiblesses et avec nos défauts. Et si nous ne faisons rien pour l’éteindre, il nous consume et pire, il consume les autres.
– Il est en chacun de nous, c’est ce que vous dites Charlotte ?
– Oui, j’en suis persuadée !
– Même en vous ?
– Alors je dois y aller. » Lire la suite »

ALAIN RESNAIS

Sans titre 1
RESNAIS S’ENVOLE
Sans titre 2
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