« La nuit artificielle »

Tag: Deux jours une nuit

La Loi du marché, de Stéphane Brizé

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La dernière image de La Loi du marché (Stéphane Brizé – 2015) se présente avec une étrange familiarité. On y voit Vincent Lindon marcher sur un parking de grande surface anonyme pour regagner sa voiture. La caméra, qui a commencé à le suivre alors qu’il était encore à l’intérieur du magasin, en costume de travail, n’avance pas avec lui jusqu’à sa voiture. Elle l’abandonne quelques mètres avant, autorisant ainsi l’ensemble de son corps à s’imprimer sur l’écran. Mais ce qu’on voit d’abord, c’est un dos qui s’éloigne : l’image d’une fuite. Image familière parce qu’il y a un an, à la fin de Deux jours, une nuit (Jean-Pierre et Luc Dardenne – 2014), un autre dos se présentait à nous : celui de Marion Cotillard, quittant son entreprise avec à la main un sac de plastique renfermant le contenu de son casier personnel. Là aussi, il s’agissait d’une image de fuite. Lire la suite »

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Images de fuite

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La Loi du marché (S.Brizé – 2015) / Deux jours, une nuit (Jean-Pierre et Luc Dardenne – 2014)

(16 juin 2015)

Dix films de 2014

1. SILS MARIA,
d’Olivier Assayas (France)
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2. BOYHOOD,
de Richard Linklater (États-Unis)
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3. LÉVIATHAN,
d’Andreï Zviaguintsev (Russie)
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4. Bird People, de Pascale Ferran (France)

5. Only lovers left alive, de Jim Jarmusch (Allemagne, Angleterre)

6. Trois cœurs, de Benoît Jacquot (États-Unis)

7. Timbuktu, d’Abderrahmane Sissako (Mauritanie, France)

8. Interstellar, de Christopher Nolan (États-Unis)

9. A most violent year, de J.C. Chandor (États-Unis)

10. Le Vent se lève, de Hayao Miyazaki (Japon)

et aussi : Black Coal, de Diao Yi’nan (Chine) — Deux jours, une nuit, de Jean-Pierre et Luc Dardenne (Belgique) — Under the skin, de Jonathan Glazer (Royaume-Uni)

et : P’tit Quinquin, de Bruno Dumont

et après coup : Eastern Boys, de Robin Campillo

J’ai vu cette année une cinquantaine de films en salles, en comptant ceux vus à Cannes, soit moins du dixième de ce qui est sorti. L’année dernière, 654 films ont été distribués et il est probable qu’il y en a eu au moins autant en 2014. À défaut d’un bilan exhaustif impossible à dresser, il faut plutôt chercher à décrire les impressions qui resteront de cette année. En vrac donc : Lire la suite »

Deux jours, une nuit, de Jean-Pierre et Luc Dardenne

Sans titreLA NUIT (N’EN FINIT PLUS)
Sans titre 2

Il semble que le cinéma des frères Dardenne ait été gagné par une certaine sécheresse, une brutalité formelle qu’il ne connaissait pas jusqu’alors. Plusieurs schémas de construction qui se superposent dans le film en attestent :

  • la figure de la répétition mécanique d’abord. Du début à la fin du film, le personnage de Sandra (Marion Cotillard) répète inlassablement la même action consistant à aller chez ses seize collègues d’atelier, un par un, leur demander de renoncer à la prime de 1.000 € qu’on leur a promise s’ils votaient le licenciement de Sandra. La caméra, tenue à l’épaule, la suit en permanence et la cadre la majeure partie du temps à partir de la taille. L’intrigue ne s’épaissit jamais et se limite à ce mouvement pendulaire sans cesse recommencé : en convaincre quelques uns, essuyer plusieurs refus, en persuader d’autres, etc. Douze hommes en colère (Lumet, 1957) à Seraing en somme, mais avec une délibération à l’air libre, et la menace régulière que le parcours ne s’interrompe par découragement. Lire la suite »