« La nuit artificielle »

Tag: film français

Nocturama, de Bertrand Bonello

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Le dernier film de Bertrand Bonello pâtit cruellement de l’actualité. Écrit avant le début de la vague d’attentats perpétrés en France, il a été tourné après ceux de Charlie Hebdo et de l’Hypercasher mais avant le Bataclan. Il sort un an plus tard, après le 13 novembre, après Nice et après Saint-Étienne-du-Rouvray. Cette actualité rend difficile de voir le film pour ce qu’il est vraiment : une réflexion quasi-parabolique sur la jeunesse. Au contraire, l’urgence à comprendre et le vide intellectuel qui accompagnent la vague d’attentats de 2015-2016 poussent à le regarder comme une sorte d’essai explicatif du terrorisme d’aujourd’hui ce qu’il n’est pas — ou pas directement.

De façon malheureuse, le film se trouve en effet dévié de la trajectoire qui aurait pu être la sienne. À savoir : être contemporain, donc pertinent, par le truchement de la fiction et non par un plus ou moins haut degré de réalisme. C’est d’autant plus dommage que c’est, on le verra, par ce biais-là (fiction et imaginaire) que le film atteint, partiellement, la visée de l’essai à savoir le décryptage de la complexité des événements contemporains.

La situation singulière de Nocturama oblige plus que jamais à un effort d’analyse. Il est indispensable de regarder le film pour ce qu’il est, c’est-à-dire comprendre comment il fonctionne, quelles pensées il sollicite et quelle image de la jeunesse (son sujet) et du monde (son cadre) il renvoie. Lire la suite »

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Caché, de Michael Haneke

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Dans les redécouvertes de l’été, Caché (2005), de Michael Haneke pour qui je n’ai jamais eu d’affection particulière mais qui signe là un chef-d’œuvre. Haneke semble souvent franchir la limite où la pensée de la violence se transforme en son exercice. La situation dans laquelle se trouve le spectateur de Funny Games ou d’Amour met à juste titre très mal à l’aise. Quant au Ruban blanc, il reste très théorique, et relève peut-être plus de la démonstration que d’une démarche de questionnement ouverte. Ce film, néanmoins, est peut-être celui qui a le plus à voir avec Caché car la démarche d’Haneke y est comparable parce qu’exactement symétrique. Lire la suite »

La Cérémonie de Claude Chabrol

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Les pieds sur terre – France culture :
« Au lycée Alfred Kastler de Cergy Pontoise (95), des élèves de terminale regardent et commentent le film de Claude Chabrol La Cérémonie (1995) dans lequel une bonne (Sandrine Bonnaire) et une postière (Isabelle Huppert) font face à une famille bourgeoise. Rencontre autour du thème de la lutte des classes. »
écouter

AprèsLa Cérémonie - Chabrol

>>> propos de Claude Chabrol ; >>> Rien ne va plus de Claude Chabrol

Femmes entre elles

FEMMES ENTRE ELLES

Ces derniers mois sont sortis quelques films intéressants qui avaient pour héroïnes des femmes marquantes :

Irréprochable de Sébastien Marnier

La très grande précision du jeu de Marina Foïs est la première chose à noter dans ce premier film. Contrairement au nom qu’elle porte, Constance, la femme qu’elle joue est instable et n’a pas la lucidité suffisante pour devenir une froide calculatrice. Il y a du calcul dans ses actes, mais pas seulement et c’est ce qui la rend touchante. Jusqu’au bout, elle avance vers la catastrophe et le crime en paraissant l’ignorer. Elle ment tout le temps, semble dangereuse, mais la froideur qu’on pourrait trouver chez elle est remplacée par un flottement étrange, presque un aveuglement vis-à-vis de soi. Dans une maison où elle s’est introduite et un lit qui n’est pas le sien, elle remplit naturellement une grille de sudoku avant de se rendre compte que ça pourrait la trahir. Elle est déjà ailleurs, et pourtant toujours là, comme dans cette autre séquence, en boîte de nuit. Le monde du mensonge et le monde réel se rencontrent mais au lieu de se résoudre en un orage violent, le choc laisse le personnage paralysé, sidéré, le temps d’un long plan où, réfugiée contre un mur dans un coin de la salle, Constance est éclaboussée par les stroboscopes. Lire la suite »

Quand on a 17 ans, d’André Téchiné

vlcsnap-2016-04-03-03h07m01s164ÉLOGE DU MOUVEMENT ET DE LA CONFIANCE vlcsnap-2016-04-03-03h07m02s430

Avec Quand on a 17 ans, le cinéma d’André Téchiné retrouve l’extraordinaire vitalité qu’il avait perdue depuis Les Témoins (2007). A l’image des deux personnages centraux qui ne cessent de se jeter l’un contre l’autre pour se battre, le film étonne d’abord par l’énergie sauvage de sa mise en scène. Fidèle à lui-même, Téchiné déploie par la suite son goût du romanesque qui sert ici à contourner les pièges du naturalisme et du cinéma psychologique pour rendre disponible au cœur de son cinéma : une sagesse de l’apaisement, résolument optimiste.   Lire la suite »