« La nuit artificielle »

Tag: 53e Semaine de la critique

These Final Hours, de Zak Hilditch

67e Festival de Cannes — lundi 19 mai 2014

These Final Hours de Zak Hilditch. Quinzaine des réalisateurs – Théâtre Croisette J.W. Marriott – 22h

These final hours 2

Le film n’est pas seulement raté : il est indigent et indigeste, ce qui jette un soupçon sur la façon dont sont sélectionnés les films de la Quinzaine des réalisateurs. Il n’y a pas l’once d’une invention, ni visuelle ni narrative. On a, en revanche, droit à tous les pires clichés, exploités sans aucune subtilité.

L’histoire est d’une bêtise sans nom : soit un homme qui plutôt que rester avec sa bien aimée (la brune) pour ses dernières heures décide de prendre la route pour gagner une fête géante où il espère se ravitailler en drogue et où se trouve sa maîtresse (la blonde). Une fois arrivé à destination, il réalise — après que sa maîtresse lui a fait une fellation tout de même — qu’il ne l’aime pas vraiment et préfère sa copine brune : il fait donc demi-tour pour revenir au point de départ.
Ce chemin est rendu plus distrayant par la présence d’une petite fille perdue qu’il récupère in extremis alors qu’elle venait de se faire enlever et qu’il doit ramener à ses parents pour qu’elle puisse mourir auprès d’eux. Lire la suite »

It follows, de David Robert Mitchell

67e Festival de Cannes — dimanche 18 mai 2014

It follows de David Robert Mitchell. 53e Semaine de la critique – La Licorne – 14h

it-follows

La première séquence du film est sans doute la plus belle. La caméra filme en plongée, dans un plan de demi-ensemble, une rue de banlieue résidentielle américaine. Une jeune femme sort de chez elle effrayée, poursuivie par quelque chose. Un voisin qui lave sa voiture, des passants la regardent sans la comprendre : eux ne voient rien. « It follows ». Traditionnellement, dans le cinéma d’horreur (et pas seulement d’ailleurs : dans tous les cinémas basés d’abord sur la vision : Spielberg, Minnelli, etc.) « It » renvoie au hors-champ, à une horreur si forte qu’il est d’abord impossible et inutile de la montrer (artifice par lequel mimant la sidération de celui qui regarde et qui est effrayé, la caméra se paralyse sur son visage ou ses yeux). Dans cette première séquence, c’est de la que vient sa beauté, le hors-champ terrifiant est intégré au cadre : « it » est une chose invisible pour nous mais vue par le personnage qu’elle poursuit.  Lire la suite »

Self Made, de Shira Geffen

 67e Festival de Cannes – 53e Semaine de la critique – vendredi 16 mai 2014

Self made1Self Made de Shira Geffen. Semaine de la critique – Miramar – 18h30
Self made 2

Self Made est construit sur un principe de montage alterné : une artiste israélienne et une employée de magasin-type IKEA sont filmées chacune dans son quotidien dans des fragments de 5 à 10 minutes à chaque fois. La première est seule chez elle puisque son compagnon est en déplacement, la seconde traverse chaque jour le check-point pour se rendre de l’autre côté de la frontière, dans les territoires israéliens. Leurs chemins finissent par se croiser au bout d’une heure à la faveur d’une bizarrerie narrative : l’artiste se retrouve aux abords du check-point au moment où la jeune femme arabe est retenue provisoirement après qu’une dispute a éclaté. Et par une autre bizarrerie narrative, l’une prend la place de l’autre pour le dernier tiers du film. Lire la suite »

67e Festival de Cannes

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