Midnight Special, de Jeff Nichols

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MÉLANCOLIE AMÉRICAINE
(Midnight Special, héritier de Rencontres du troisième type)
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Discrètement, sous le masque du divertissement, Midnight Special est l’un des films américains les plus forts ces temps-ci. Il s’installe par son affiliation à une lignée de cinéma antérieure et par le positionnement qu’il adopte vis-à-vis d’elle, dans une position marquante pour le cinéma américain contemporain.

Le film suit le parcours de Roy (Michael Shannon), un homme d’une quarantaine d’années, en cavale avec son fils, Alton (Joel Edgerton), doté de pouvoirs surnaturels. Âgé de huit ans, l’enfant devient la proie d’une secte qui voit en lui le messie et des forces de l’ordre qui veulent l’empêcher de nuire. Le père, le fils et un ami policier se lancent donc sur les routes, en direction d’un mystérieux emplacement géographique où Alton pourra passer vers l’autre monde. Pour cette équipée réduite, le moteur de l’action est double : il s’agit autant de fuir ceux qui pourchassent que de se rapprocher du lieu qui protège.

Dans ses grandes lignes, le scénario est presque le même que celui de Rencontres du troisième type (1977), et ce n’est évidemment pas un hasard puisque c’est dans les pas de Spielberg que Jeff Nichols choisit de marcher. Ou plutôt, c’est à partir du chemin qu’il a tracé il y a quarante ans que Nichols choisit de penser. Car Midnight Special n’est pas un hommage qui se satisferait de remettre au goût du jour le brio des Anciens. C’est un film qui pense et le fait en prenant pour outil le cinéma de la génération précédente. Et si Jeff Nichols pense à partir de Spielberg, c’est d’abord qu’il ne le regarde plus les yeux grands ouverts. Plutôt que désigner avec admiration le geste de cinéma de Spielberg, il comprend qu’en être un descendant digne suppose l’accomplissement de gestes équivalents.

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