Manoel de Oliveira

par Lamara Leprêtre-Habib

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« Mes dates clés » (Libération, 11 septembre 2002)

1908. Je suis né à Porto, dans une famille bourgeoise et dans une grande maison, rue du 9 de Julho, en haut de ce qu’on appelait la colline des fourmis. A côté se tenait l’usine de passementerie de mon père. C’est une vie difficile à expliquer : les femmes s’occupaient beaucoup de la maison, du bien-être de la famille. On allait à la messe, on était religieux, mais pas trop. Le monde extérieur à la maison était le domaine du mari. Certains étaient plus libres, d’autres plus fidèles. La loi ne donnait aux femmes le droit de divorcer que si l’adultère avait été commis dans la maison. Voilà qui exprime assez la morale du temps.

1913. Premier souvenir de cinéma, des rails de chemin de fer dans la forêt, il y passait des serpents. Je me souviens aussi d’un film d’animation avec des poupées, des ours. Ensuite, il y a eu un comique, Toribio, qu’en France on appelait Boireau, un burlesque de la maison Pathé. J’aimais aussi Max Linder, un dandy, un bohème. Pour moi, Linder reste le créateur du comique. Mais j’étais très amoureux de Mary Pickford, une vraie passion.

1928. Je suis inscrit, avec mon frère Casimiro, à l’école d’acteurs que le cinéaste italien Rino Lupo a ouverte à Porto. Nous sommes spécialisés dans les numéros burlesques, parce que nous sommes bons en sport, membres du Sport Club de Porto, où nous faisons de l’athlétisme et de la gymnastique. Je fais surtout du saut à la perche.

1929. Je commence mon premier film, Douro, Faina fluvial, avec un opérateur, Antonio Mendes, qui ne pouvait pas travailler très souvent car il était pris par d’autres films, et une caméra payée par mon père. C’est aussi mon père qui fournit la pellicule. Je fais le montage sur une table de billard, dans la maison de mes parents. Je présente, deux ans plus tard, le film terminé au Ve Congrès de la critique à Lisbonne.

1933. J’ai un rôle dans La Chanson de Lisbonne, le premier film parlant tourné au Portugal, un jeune homme élégant, un peu m’as-tu-vu. Comme on me dit que je ressemble au héros du Portrait de Dorian Gray, j’envoie des photos à Marcel L’Herbier qui s’apprête à tourner en France une adaptation du roman d’Oscar Wilde. Ça ne s’est jamais fait.

1936. Je remporte ma première course de côte, au Brésil, avec une Ford. Mes voitures préférées : les Avion-Voisin, une marque française très bien dessinée, ou les Cameri, des italiennes, et une Packard noire, sans aucun chrome, avec ses douze cylindres en ligne qui lui donnent un capot long et élégant.

1937. Un bal au Casino, à Povoa de Varzim, une station balnéaire au nord de Porto. Quelqu’un me présente Maria Isabel, et nous dansons au son du Beau Danube bleu. J’arrête l’automobile, le sport de compétition, la bohème, et je me marie.

1955. En Allemagne, à Leverkusen, je fais un stage chez Agfa sur l’utilisation de la pellicule couleur. J’y achète une caméra et du matériel. Avec, je tournerai tout seul mes films suivants.

1957. André Bazin, le critique de cinéma, vient me rendre visite. Il a défendu dans les Cahiers du cinéma mon film, Le Peintre et la ville, tourné à Porto l’année précédente. Il est déjà très malade. Nous faisons de longues excursions en voiture.

1963. Un jour de la fin octobre, alors que j’étais alité avec de la fièvre, les sbires de la police politique, la Pide, viennent chez moi et m’emmènent dans leurs locaux à Porto. On me transfère à Lisbonne, au siège de la Pide. On me reproche d’être contre le régime de Salazar, mais c’est assez confus. Ils me gardent trois jours, pour me faire peur.

1971. Une association de réalisateurs portugais se crée pour sortir de l’impasse politique. Nous allons pouvoir tourner plus facilement, enfin. Depuis Douro, Faina fluvial, en quarante ans je n’ai pu tourner que deux longs métrages et une dizaine de courts. En revanche, mes scénarios inaboutis se sont accumulés. Je commence Le Passé et le présent. J’ai 64 ans et je suis un jeune cinéaste.

1975. Une année après la révolution des oeillets, mon usine est occupée, à la demande d’ouvriers qui forment une coopérative autogérée. Le résultat est désastreux : bientôt, ils vendent la marchandise et les machines. Il ne me reste plus que des dettes. C’est une période difficile : je suis du côté des idées nouvelles, mais le mouvement politique s’est trop vite radicalisé.

1981. Mon usine est en faillite : je dois vendre ma maison à Porto. J’y tourne un dernier film, La Visite, ou Mémoires et confessions. Il est confié à la Cinémathèque du Portugal, sous scellés. On ne pourra le voir qu’après ma mort.

1991. A propos de Non, ou la Vaine Gloire de commander, qui raconte l’histoire du Portugal à travers ses défaites, Serge Daney écrit que si j’avais été un cinéaste français on m’aurait mis en prison pour une telle chose. J’ai beaucoup d’affection pour lui et ce que Daney a écrit sur mes films compte énormément pour moi.

1993. A Cannes, lors de la présentation du Val Abraham à la Quinzaine des réalisateurs, la salle reste debout pendant un quart d’heure à nous applaudir. Des larmes aux yeux.

2002. Je commence en octobre le tournage d’Un film parlant, mon vingt-quatrième long métrage. »

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« « Cette ville est mon personnage principal »  Manoel de Oliveira à Porto.»,
par Antoine de Baecque (Libération, 26 juillet 2003)

«Je suis né dans la maison que mon père, Francisco José de Oliveira, a fait construire sur une des collines de Porto, à côté de l’usine de passementerie familiale qu’il dirigeait. C’est là que j’ai grandi et que j’ai vécu jusqu’à mon mariage. Une grande maison, rue du 9 de Julho, plus moderne que les autres. Située sur le Monte das Formigas, la colline des fourmis, on y accédait par un large portail en fer et une rampe au pied de laquelle se trouvait la maison du gardien. Cette rampe conduisait à un très joli jardin, à gauche, devant la maison, avec une variété incroyable de roses et de lys qui embaumaient, et aussi un verger, à droite, devant l’usine, avec des poiriers, des orangers, des abricotiers. L’usine a été construite en 1904 et la maison un peu plus tard, mais elle était achevée quand je suis né en 1908.

«Le personnel de l’usine était constitué dans sa grande majorité de femmes. En ce temps-là, on travaillait douze heures par jour. On commençait la nuit, on finissait la nuit. Je m’entendais avec tout le monde. Certains employés républicains avaient un pistolet sur eux. Les hommes partaient faire la révolution. Il y avait souvent des mouvements de rue à Porto en ce temps. Je me souviens tout gamin d’avoir été à la fenêtre de la maison pour regarder une bagarre de coups de feu. Alors, ma mère et la gouvernante fermaient en hâte les volets et on se protégeait dans la maison. Une de mes cousines a perdu un fils comme ça, tué par une balle perdue alors qu’elle était près d’une fenêtre, le tenant dans les bras.

Champion à la perche.
«Jeune homme, avec mon frère Casimiro, nous étions les dandys de la ville. C’était une ville joyeuse, frondeuse, qui aimait s’amuser, même si elle était également très laborieuse. Il y avait beaucoup de beaux cafés, des bals, l’opéra, et les cinémas que j’ai fréquentés très jeune. J’adorais le personnage de Max Linder, et je n’étais pas loin de me prendre pour lui, avec son frac et son élégance parisienne. Il y avait aussi les clubs sportifs, j’étais très sportif dans ma jeunesse, champion de saut à la perche. Et puis le club automobile : j’ai longtemps fait du rallye, avec ma Panhard, des courses de côte. C’était une vie très à l’aise, avec des dandys, des cocottes et de nombreuses réceptions, et la bonne société se rencontrait souvent. Nous en étions, mon frère et moi, un peu les coqueluches et les bohèmes. J’ai ainsi tourné dans plusieurs films de la fin du muet et des débuts du parlant comme acteur. Je suis même dans le premier film parlant et musical portugais, La Chanson de Lisbonne, en 1932.

«Pour mes débuts comme cinéaste, je n’avais pas énormément d’argent, je n’avais pas d’expérience, je me sentais incapable de réaliser un film « normal ». Mais je pouvais aborder le cinéma par le documentaire, donc en montrant ce que je connaissais le mieux, ma ville, Porto. J’ai ainsi réalisé Douro, faina fluvial en 1931, autour du port, du fleuve Douro, de la ville au-dessus et de la mer au loin. Je détestais à l’époque les documentaires, très plats, qui montraient les choses sans vie, mais lorsque j’ai vu Berlin, symphonie d’une grande ville de Walter Ruttmann, j’ai pensé que c’était possible. Et j’ai voulu faire la même chose avec Porto. Du film de Ruttmann, j’ai retenu la technique, une forme de film total, opératique, sur une ville considérée comme un personnage. Et j’ai tenté d’insuffler davantage d’humanité. Car Douro n’est pas qu’un hymne à la ville, c’est aussi une oeuvre dirigée contre la discipline militaire, une critique de la police, du pouvoir, de la violence dans le Porto de l’époque. J’ai cherché un chef opérateur qui connaissait bien la ville. Un jour, j’ai rencontré Antonio Mendes au cours d’un spectacle. C’était un bon photographe, même génial. Mon père a choisi et acheté pour moi la caméra. Moi, je ne connaissais rien en photographie. Il a aussi choisi les objectifs. Tout. Il a payé et, après, il a fourni la pellicule. Pourquoi a-t-il fait cela ? Il n’avait aucune certitude que je puisse réussir, aucune garantie. Il a simplement eu confiance. Il voulait que j’arrive à quelque chose.

«La seconde fois que j’ai filmé Porto, c’est dans Aniki-bobo, en 1941, comme un prolongement de Douro, faina fluvial, même si le film est très différent, puisque c’est une fiction jouée par des enfants. Néanmoins, la ville y reste le personnage principal et la forme en est très réaliste. On a même dit que j’avais tourné alors le premier film néoréaliste de l’histoire. Quand je choisis un nouveau sujet, il est très important pour moi de connaître les acteurs, de prendre des photos, de repérer des lieux. Or là, j’étais déjà très familiarisé avec Porto et les bords du fleuve. Tout le film se situe là, entre le fleuve où les enfants se jettent en riant, la voie ferrée qui passe sur le grand pont de fer construit par Gustave Eiffel, les boutiques des quais, les entrepôts de vin, et les ruelles et escaliers qui montent raide vers la gare, un quartier très mal famé à l’époque et qui reste un de mes lieux préférés de Porto. Après Douro, j’avais même pensé à un autre film sur le même lieu, quoique sous un angle différent, impensable à l’époque puisque nous vivions sous la dictature de Salazar. Cela devait s’appeler Chômage. De nos jours, le port et le fleuve ne sont plus là que pour le tourisme. A l’époque, les travailleurs s’y réunissaient tous les matins et les employeurs venaient les choisir, les appeler. Quand il y avait du travail, les hommes n’étaient pas assez nombreux. Quand il y avait peu de travail, on en prenait tout juste la moitié ou moins encore. Les autres restaient au chômage, ils jouaient aux cartes. Le film devait s’achever par la sortie d’un bateau pour la pêche à la morue, une pêche qui durait six mois. En ce temps-là, quand le bateau partait, les familles l’accompagnaient, pour dire adieu, tout le long de la jetée jusqu’au phare, en pleurant. Ces hommes qui n’avaient rien, souffraient sur le bateau ; on aime rarement partir six mois et quitter les siens. Il y avait une sorte de désespoir.

«Porto est la ville de mes racines familiales, elle est mon personnage de cinéaste. Et c’est là que j’habite depuis toujours, même si je passe souvent deux mois par an sur un plateau pour tourner, généralement à l’extérieur, et deux autres mois pour monter et finir les films, le plus souvent à Paris, dans un hôtel de Montparnasse. Porto, c’est mon territoire. Ailleurs, je serais spectateur. Il existe une sorte de lien physique fort avec cette ville, ces toits, ces rues en pente, ces cafés, l’étagement des maisons depuis le port jusqu’aux collines. C’est dans Le Peintre et la Ville, en 1955, que j’ai le plus fait ressentir cette vision corporelle de Porto, puisque l’artiste s’y promène, y marche à la recherche de vues, de scènes, s’arrête, fait poser les gens, repart. Son oeil capte la ville et sa main la peint. Et c’est mon premier film en couleurs, ce qui est primordial dans mon rapport à Porto : la ville est ocre et rouille par ses façades, ses toits, et le fleuve d’or qui y coule, bleue par son ciel et ses mosaïques, verte par ses nombreux jardins à l’anglaise. Ce rapport à la ville est une chose biologique. J’ai vu un jour un documentaire sur les poules et les poussins. Les poussins prennent comme mère la première chose qui bouge. Moi, ce fut ma ville, que je regardais des heures durant depuis la fenêtre de ma chambre d’enfance. Cet environnement urbain appartient à mon corps, fait partie de ma vision, de mon esprit. Là est ma maison.

Banques.
«Je suis content de ma ville, mais je souffre de voir ce qu’on y a abîmé. Surtout à cause des banques, qui ont saccagé de très beaux cafés ou salons de thé. Il y avait la Pâtisserie Oliveira, rue Carlos Alberto. C’était magnifique. Maintenant, elle est perdue, c’est devenu une banque. Il y a une rue à Porto qui s’appelle Galeria de Paris, une rue étroite, pas très longue. Tous les bâtiments montent à la même hauteur avec une corniche qui court tout le long. L’idée, quand la galerie a été construite à la fin du XIXe siècle, était de faire une verrière, elle n’a jamais été réalisée. On aurait pu l’installer récemment, avec l’argent des investisseurs européens, qui sont nombreux. Il aurait été possible d’y ouvrir des salons de thé, des galeries de peinture, des boutiques de mode. On y aurait interdit la circulation. Mais non… On a même construit un édifice moderne qui monte trop haut.

«Je n’ai, bien sûr, pas le même rapport avec Lisbonne, je n’ai pas la même intimité. Par leur architecture, elles sont très différentes. Lisbonne est une ville coloniale. On sent l’influence des Découvertes, de l’Atlantique, de l’Amérique du Sud, de l’Afrique. Comme c’est la capitale, elle attire des gens de partout. Les Lisboètes de souche sont minoritaires. C’est la conséquence de la centralisation du pouvoir.

«Porto est une ville plus petite, provinciale, plus autonome, plus cohérente. Autrefois, elle jouissait même d’une indépendance complète. Le roi du Portugal lui avait accordé des prérogatives extraordinaires. Ainsi, les gens de Porto ne pouvaient pas être arrêtés en dehors de la ville. Ils avaient tous le droit de porter une arme. Et Porto n’admettait que pour trois jours la présence des nobles étrangers sur son territoire. Le poète Camões, en parlant de quelqu’un de puissant au XVIIe siècle, va jusqu’à dire qu’il avait « presque les mêmes prérogatives que les Portoètes ». Avec Salazar, le pouvoir s’est concentré à Lisbonne, Porto a perdu ses privilèges, et la ville s’est quelque peu provincialisée. Pourtant, elle garde sa personnalité : Porto travaille et chante quand Lisbonne veille jalousement à son pouvoir. C’est tout cela que j’ai essayé de mettre dans un de mes derniers films, d’une heure, Porto de mon enfance, en 2002, où je confronte mes souvenirs anciens, joués par des cocottes, des comédiens, plutôt endimanchés et aristocratiques, avec des vues tournées sur le fleuve, le long des ponts, des quais, des images très contemporaines. Comment, en fait, Porto a gardé sa personnalité, même si ses privilèges ont été abolis, même si l’architecture s’est dégradée. C’est une ville mentalement et physiquement intacte.

Caractère particulier.
«Les maisons, les rues de Porto sont toutes construites sur un terrain très accidenté et finalement assez restreint. Cela donne à cette ville un caractère particulier, très concentré, très vallonné, comme une rapide descente vers le fleuve. J’ai filmé Porto, mais j’ai aussi beaucoup imaginé des histoires qui avaient Porto pour cadre, des histoires que je n’ai jamais pu tourner, ou pas encore. Prostitution, qui parlait de la vie humaine de la ville et de ses femmes. Chômage, du travail des hommes. La Femme qui passe, où la vie de la bohème artiste s’opposait à la vie familiale et à la vie sportive, dans la bonne société de Porto. C’est la vie que je connaissais dans ma jeunesse, ou plutôt ce sont toutes mes vies. Pour moi, un film sur Porto est la seule façon de tout englober de ma vie sans trop de conflits ni trop de sacrifices».

Manoel de Oliveira est le dernier pionnier du cinéma ayant tourné son premier film au temps du muet.

A 94 ans, il continue de multiplier les chefs-d’oeuvre : La Lettre, Je rentre à la maison, Le Principe de l’incertitude. Il montrera Un film parlé au festival de Venise. »

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Filmographie : 

1931 : Douro, Faina Fluvial (court métrage muet)
1932 : Estátuas de Lisboa (court métrage)
1932 : Hulha branca (Houille blanche) (court métrage)
1937 : Os Últimos Temporais: Cheias do Tejo (court métrage)
1938 : Miramar, Praia das Rosas (court métrage)
1938 : Já Se Fabricam Automóveis em Portugal (court métrage)
1941 : Famalicão (court métrage)
1942 : Anki Bóbó
1956 : Le Peintre et la ville (O Pintor e a Cidade) (court métrage)
1963 : Le Mystère du printemps (Acto de Primavera)
1964 : Vila verdinho (court métrage)
………A Caça (court métrage)
1965 : As Pinturas do Meu Irmão Júlio (court métrage)
1966 : O Pão (court métrage documentaire)
1972 : Le Passé et le présent (O Passado e o Presente)
1975 : Benilde ou la Vierge Mère (Benilde ou a Virgem Mãe)
1979 : Amour de perdition (Amor de Perdição)
1981 : Francisca
1982 : La Visite (Visita ou Memórias e Confissões)
1983 : Nice – À propos de Jean Vigo (court métrage)
………Lisboa Cultural (court métrage documentaire TV)
1985 : Le Soulier de satin
1986 : Mon cas (O meu caso)
1988 : A Proposito da Bandeira Nacional (court métrage)
………Les Cannibales (Os Canibais)
1990 : Non, ou la vaine gloire de commander (‘Non’, ou A Vã Glória de Mandar)
1991 : La Divine Comédie (A Divina Comédia)
1992 : Le Jour du désespoir (O Dia do Desespero)
1993 : Val Abraham (Vale Abraão)
1994 : La Cassette (A Caixa)
1995 : Le Couvent (O Convento)
1996 : Party
1997 : Voyage au début du monde (Viagem ao Princípio do Mundo)
1998 : Inquiétude (Inquietude)
1999 : La Lettre (A Carta)
2000 : Parole et Utopie (Palavra e Utopia)
2001 : Je rentre à la maison (Vou para Casa)
………Porto de mon enfance (Porto da Minha Infância)
2002 : Le Principe de l’incertitude (O Princípio da Incerteza)
………Momento (clip de la chanson de Pedro Abrunhosa) (court métrage)
2003 : Un film parlé (Um Filme Falado)
2004 : Le Cinquième Empire (O Quinto Império – Ontem Como Hoje)
2005 : Le Miroir magique (Espelho Mágico)
………Do Visível ao Invisível (court métrage)
2006 : O Improvável Não é Impossível (court métrage)
………Belle toujours
2007 : Chacun son cinéma (segment Rencontre Unique, 3 min) (court métrage)
2008 : Christophe Colomb, l’énigme (Cristóvão Colombo – O Enigma)
………O Vitral e a Santa Morta (court métrage)
………Romance de Vila do Conde (court métrage)
………Painéis de São Vicente de Fora – Visão Poética (court métrage)
2009 : Singularités d’une jeune fille blonde (Singularidades de uma Rapariga Loura)
2010 : L’Étrange Affaire Angélica (O estranho caso de Angélica)
2012 : Gebo et l’Ombre (O Gebo e a Sombra)
………Metropole Conquistadora, Conquistada (court métrage)
2014 : Le Vieux du Restelo (O Velho do Restelo) (court métrage)

(5 avril 2015)

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