« La nuit artificielle »

Mois : juillet, 2014

Stanley Kubrick

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STANLEY KUBRICK

« Dans l’histoire du cinéma, Kubrick restera donc comme la figure de l’Auteur triomphant, du cinéaste-artiste complet. (…) On oubliera que Kubrick n’a jamais remporté le moindre Oscar et que l’establishment hollywoodien s’est toujours défié du reclus d’Angleterre, jusqu’à ce que la génération des années 1970 (de Coppola à Lucas/Spielberg) s’en empare comme héros et modèle à suivre. » (Frédéric Bonnaud) Lire la suite »

L’Homme qu’on aimait trop, d’André Téchiné

D’où vient la déception face à L’Homme qu’on aimait trop ? Au cœur du dernier film d’André Téchiné, et peut-être à l’origine de sa faiblesse, une tension entre deux tendances contradictoires : l’une vers le film de portait, l’autre vers le film de reconstitution. Ces deux tendances dessinent deux films possibles, avec deux régimes d’images possibles, entre lesquels André Téchiné ne tranche jamais vraiment et qui s’entremêlent jusqu’à se superposer.

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Coupe du monde & 14 juillet

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Ségolène Royal et les chaussures à talons
Ou comment regarder la Coupe du monde et le défilé du 14 juillet
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Deux événements qui n’ont sans doute rien à voir : la Coupe du monde qui vient de se terminer et le défilé du 14 juillet ce matin, sur les Champs-Elysées. Rien à voir, et pourtant, dans les deux cas, TF1 proposait, par le biais de son site internet de visionnage en direct, une option « multicam » : autrement dit la possibilité de choisir à tout instant parmi 5 angles de prise de vue. Cette option offerte au spectateur le transforme en réalisateur du direct qu’il désire voir. Si la marge de manœuvre n’est pas illimitée (on ne choisit pas ce que filment ces 5 caméras), cela laisse toutefois la possibilité d’assister à un contre-récit de l’événement, peut-être plus proche de la réalité vécue par ceux qui y participent.

L’option « multicam » est permise par l’inflation du nombre des caméras utilisées pour couvrir les matchs ou, en France, le défilé. Le phénomène est d’ailleurs toujours en cours : il y avait 17 caméras pour la finale France-Brésil de 1998. Il y en a avait 34 hier soir. A Paris, ce matin, on en comptait une trentaine. En résultent deux conséquences possibles : Lire la suite »

Black Coal, de Diao Yi’nan

vlcsnap-2014-07-13-14h45m42s159RÉCOMPENSER LE SPECTATEURvlcsnap-2014-07-13-15h16m45s101

Je dirai assez peu de choses de Black Coal sinon que le film rappelle à quel point le genre « film noir » tire d’abord sa singularité d’un rythme particulier qu’il instaure. Le film noir, en fait, se définirait moins par un certain nombre de figures et motifs typiques (au nombre desquels : le héros, souvent détective, aux motivations troubles; la femme fatale; le psychopathe; la ville tentaculaire; le faux coupable; la fausse victime; le monde bloqué dans la nuit; …) que par la cadence qui découle de leur rencontre. Les intrigues, faites essentiellement de renversements perpétuels (autant dans les rapports de force entre personnages que dans les visages adoptés successivement par ces personnages) rendent caduc tout élément stable. Les films prennent dès lors des formes labyrinthiques, le détective devant se frayer un chemin dans le brouillard des motivations troubles des autres personnages. Et taiseux, la plupart du temps, il contraint le spectateur à chercher lui aussi un chemin au milieu de cette seconde strate opaque qu’est le film dans sa totalité. Lire la suite »